Déclaration de principes

Le maintien dans la communauté… bien plus que des soins ![1]

La Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO) a comme mission de promouvoir le maintien des personnes aînées dans la communauté (MDC). Selon COMACO, maintenir les personnes aînées dans la communauté prévient les risques d’abus et d’exploitation reliés à l’isolement et aide à vieillir en santé. Par conséquent, l’un des pivots du MDC est la solidarité entre les personnes parce que celle-ci renforce la capacité d’agir et prévient les différents problèmes d’origine sociale, psychologique, cognitive, affective et médicale. 

Dans cette perspective, l’inclusion sociale et le maintien des personnes dans leur milieu sont les principes à la base du MDC. Une telle pratique sociale permet aux personnes aînées de pouvoir choisir librement de demeurer dans leur milieu de vie, en sécurité, dans la dignité et le respect de leurs droits. Cela suppose que la personne conserve l'autonomie nécessaire à une qualité de vie satisfaisante, en fonction des critères retenus par cette personne et son réseau aidant. En d’autres termes, la personne a le droit de choisir pour elle-même parmi les options réalistes et disponibles.

Ce sont ces arguments qui amènent COMACO à privilégier d’abord la promotion du maintien dans la communauté plutôt que le soutien à domicile et les soins à domicile parce que pour ses membres, la santé et le bien-être passent par la solidarité entre les personnes et leur intégration dans la communauté.

COMACO adhère à l’idée que l’autonomie de la personne aînée doit être envisagée comme un continuum qui peut aller d’une autonomie physique, mentale et environnementale optimale à une autonomie minimale. Les facteurs influençant cette autonomie sont, entre autres, la mobilité physique, les fonctions mentales, la communication et l’isolement.

Les services et les activités des organismes communautaires œuvrant dans le domaine du MDC

En général, ce sont des bénévoles, des personnes aînées et actives dans leur communauté, qui réalisent les activités et les services. Bien qu’essentiels, ces services ne sont pas d’ordre curatif ou médical mais ils ajoutent des dimensions ignorées par les institutions de services publics.


Les organismes d’action communautaire œuvrant dans le maintien dans la communauté ont des rôles et des actions variés :

1.    Susciter la transformation sociale

2.    Offrir des services

3.    Agir en collaboration, en partenariat et en concertation avec les autres acteurs du milieu


1. Susciter la transformation sociale

La mission sociale est étroitement liée à la nature de l’action menée par les organismes communautaires. Elle est préventive et renvoie à une approche d’intervention qui ne se limite pas à la stricte livraison d’un service. 

La communauté manifeste sa volonté et sa capacité à définir par elle-même la réponse à certains besoins. C’est donc dans un contexte de prise en charge démocratique que s’exerce ce rôle d’agent de transformation sociale. C’est pourquoi les interventions et les services des organismes ne peuvent se substituer aux services publics.

La poursuite de ce rôle devrait se refléter dans l’ensemble des activités des organismes de maintien dans la communauté. Les modes d’intervention favorisés visent à développer la capacité d’agir individuelle et collective des personnes aînées et encouragent un processus d’appropriation, de reprise du pouvoir et de prise en charge.

Les actions des organismes visent, tant sur le plan collectif qu’individuel :

·  L’appropriation des situations problématiques par des activités éducatives et informatives;

·   La prise ou la reprise de pouvoir par la mobilisation des personnes aînées afin qu’elles prennent la parole et leur place et utilisent les services existants;

·  Les pratiques alternatives et d’éducation populaire qui privilégient la mise en œuvre d’action de transformation sociale par la participation des personnes aînées aux actions et aux décisions les concernant;

·  La représentation des préoccupations des personnes aînées et les revendications auprès des différents décideurs et instances afin que les services soient accessibles et répondent à leurs besoins.


2. Offrir des services et des activités

Les organismes d’action communautaire du maintien dans la communauté contribuent à l’amélioration des conditions de vie des personnes aînées en offrant des services et des activités variés et adaptés.

En matière de participation sociale et développement personnel[2], les organismes d’action communautaire membres de COMACO ont recours à des activités (ludiques, récréatives, physiques, culturelles) comme autant de moyens pour contrer l’isolement et la solitude, stimuler la socialisation, développer des réseaux d’entraide, donner de l’information, faire de l’éducation et de la prévention. L’action des organismes facilite la participation citoyenne des personnes aînées, particulièrement par l’offre de l’engagement bénévole.


Les membres de COMACO sont :

·         Des centres communautaires pour personnes aînées

·         Des milieux de vie

·         Des centres d’entraide

·         Des milieux d’habitation, etc.


Ils offrent des services et activités variés :

·         Accompagnement

·         Accompagnement transport pour raisons médicales, sociales et autres nécessités

·         Activités de loisirs

·         Activités d’éducation populaire

·         Activités intergénérationnelles

·         Aide à la rédaction de formulaires

·         Appels de sécurité, d’information, d’écoute

·         Cliniques d’impôts

·         Cours divers

·         Cuisines collectives

·         Hébergement

·         Orientation et référence

·         Popote roulante

·         Prévention et repérage de la maltraitance

·         Repas communautaires

·         Soutien aux proches aidants

·         Soutien individuel

·         Visites d’amitié 


3- Agir en collaboration, en partenariat et en concertation avec les autres acteurs du milieu

Les organismes d’action communautaire membres de COMACO désirent travailler en lien avec les différents acteurs qui interviennent dans le champ du « soutien à domicile », en tenant compte de la diversité des acteurs et des transformations du système de santé. Dans cette optique, la Coalition a défini ce qu’elle entend par partenariat, collaboration et concertation.


Partenariat

Le partenariat est un engagement qui nécessite une entente écrite dans laquelle sont précisés la contribution, le partage des pouvoirs et des responsabilités de chacun des partenaires ainsi que les mécanismes pour résoudre les différends. COMACO a déjà établi, avec ses membres, les conditions pour un « partenariat véritable »[3] les organismes d’action communautaire doivent s’en tenir au rôle défini dans leur mission;¸

            □    le respect et la reconnaissance de l’expertise de chacun des partenaires sont essentiel;

            □   la collaboration entre les partenaires est mutuelle et volontaire. Elle se traduit dans l’engagement des parties à entretenir une relation d’égal à égal, où chacun conserve une marge de liberté et n’impose                      pas sa  vision;

            □    une liaison et une communication clairement établies entre les partenaires;

            □    un financement adéquat doit être associé aux projets et objectifs visés parce que les organismes d’action communautaire autonome ne sont pas des sous-traitants gratuits ou à rabais.


Collaboration

Cette relation, la collaboration, n’est pas du même ordre que le partenariat. Il s’agit plutôt de mettre ses ressources (matérielles, humaines, techniques) au service d’une activité pour aider à sa réalisation. Ici, il ne s’agit pas de créer un nouveau projet commun aux deux parties. Le rapport entre les parties est de nature volontaire et la collaboration est généralement ponctuelle et limitée.


Concertation

La concertation consiste à harmoniser son action avec celles des autres acteurs du milieu. « C’est un processus formel de coordination (ni hiérarchisé, ni institutionnalisé) qui repose sur l’adhésion volontaire d’un ensemble d’acteurs autonomes regroupés (table) en vue de préciser et d’atteindre des objectifs communs touchant l’échange d’information, la formation ou des actions concrètes. Les mandats peuvent être très larges ou spécifiques. La nature des obligations rattachées à ces exercices varie en fonction du type de concertation »[4]

 


[1] Ce document s’inspire de plusieurs textes, notamment : les avis produits par COMACO, la synthèse de la journée de réflexion « le maintien dans la communauté, bien plus que des soins! » tenue le 14 janvier 2003, de l’assemblée générale du 30 mai 2002, de l’exercice de réflexion du conseil d’administration et des assemblées générales annuelles 2003 et 2004.

[2] Tiré de la synthèse des ateliers du 14 janvier 2003 « Le maintien dans la communauté, bien plus que des soins ».

[3] Consultation de la RRSSS « La santé en actions »  Avis de COMACO, 18 mars 2003  p. 12

[4] Lise Noël, Richard Paulhus, novembre 2002. Centre St-Pierre.

 

 

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